Le bac d’Offendorf aux 17ème et 18ème siècles.

Pour franchir le Rhin, un bac reliait Offendorf à Freistett depuis le Moyen-Âge. Cette liaison était nécessaire car les villages de la prévôté d’Offendorf dépendaient du bailliage d’outre-Rhin de Lichtenau et faisaient partie de la même seigneurie.

Cette seigneurie qu’on appelait en alsacien Hanauerländel (Pays de Hanau) a appartenu successivement, entre les 13ème et 18ème siècles, aux seigneurs de Lichtenberg, en partie aux comtes de Deux-Ponts-Bitche, puis aux comtes de Hanau-Lichtenberg, enfin aux landgraves de Hesse-Darmstadt.

Auguste Kocher, évoque dans son livre Geschichte der Gemeinde Offendorf, le bac d’Offendorf et sa douane aux 14ème et 15ème siècles : à la création de la prévôté d’Offendorf en 1335, à l’occasion de la perception des taxes sur le bac d’Offendorf en 1414,  et à propos d’un litige entre le Comte de Lichtenberg et l’abbaye de Scharzach concernant les frais de douane au bac d’Offendorf et au bac de Grauelsbaum en 1417. Kocher explique aussi brièvement le règlement de 1668.

Les Archives d’Alsace (site de Strasbourg) conservent une série de documents sur le bac d’Offendorf aux 17ème et 18ème siècles. Tout d’abord une nouvelle règlementation du bac d’Offendorf en 1668. Ensuite la mise en fermage par adjudication du bac à des bateliers d’Offendorf durant le 18ème siècle. Puis la description détaillée de l’ancien corps de garde ou redoute près du Rhin. Enfin l’arrêt du Conseil d’Etat de 1774 visant à maintenir le bac d’Offendorf en activité.

 

Détail de la prévôté d’Offendorf et du bailliage de Lichtenau séparés par le Rhin.                                    Extrait de Charte_von_der_Grafschaft_Hanau_Lichtenberg, 1787. (Wikimedia, source : Leibniz-Institut für Länderkunde e.V., Leipzig)

 

 

Avant d’entrer dans le vif du sujet, attardons nous sur … 

Johann-Reinhard II de Hanau-Lichtenberg (1628-1666), (wikipedia).

 

… un noble convoi funéraire qui emprunte le bac d’Offendorf en 1666.

Le 25 avril 1666 Johannn-Reinard II de Hanau-Lichtenberg décède à Bischofsheim à l’âge de 38 ans. Son père le comte Philippe-Wolfgang de Hanau-Lichtenberg lui avait légué le bailliage de Lichtenau et il résidait au château de Bischofsheim. Il n’a jamais régné comme comte mais ses deux fils régneront. Ses funérailles rassemblèrent 52 pasteurs, des princes, des nobles et le Städtmeister de Strasbourg. Le 22 août 1666 sa dépouille reposant dans un cercueil en plomb, fut chargée sur une charrette puis amenée à Freistett près du Rhin. Elle franchit le fleuve avec le bac d’Offendorf. Le convoi, qui passa sans doute par Offendorf, continua sa route jusqu’au château de Lichtenberg où le défunt rejoignit le caveau familial.

 

La nouvelle réglementation du passage du Rhin entre Offendorf et Freistett en 1667 et 1668

Le Comte de Hanau-Lichtenberg édicte un nouveau protocole qui règlemente le bac d’Offendorf. Ce protocole est rédigé par la chancellerie de Bischofsheim (Bischofsheim-zum-hohen-Steg ou Bischen-zum-hohen-Steg, aujourd’hui Rheinbischofsheim en Allemagne) le 21 juillet 1667 et devra être mis en application par le vice-prévôt (Stabhalter) d’Offendorf Paul Nother (mort en 1674 à 75 ans, Stabhalter pendant 16 ans).

 

Titre de la règlementation : Die wegen der Überfahrt zu Offendorf über den Rhein nach Freÿstett et vice versa ergangene Herschafftliche Verordnunge und gemachte Reglement betreffend. (Archives d’Alsace E2271).

 

Les bateliers qui exploitaient le bac au profit du comte sont trop âgés et mettent en danger la vie des passagers. Le nouveau protocole prévoit de réunir l’ensemble des bateliers d’Offendorf compétents et d’en tirer 4 au sort pour le service du bac. Chaque année l’un des 4 sera remplacé par un autre. A chaque personne transportée, d’ici ou de l’étranger, le passeur pourra demander 1 Schilling.

Le document semble aussi expliquer les conditions de navigation sur le Rhin aux pêcheurs et bateliers d’Offendorf et de Freistett, mais le texte est difficilement lisible. D’autres documents montrent qu’à la même époque existaient aussi deux autres bacs seigneuriaux à proximité d’Offendorf mais basés outre-Rhin : l’un à Grauelsbaum et l’autre à Greffern.

Chacun des passeurs ou fermiers du bac (en allemand Fergen ou Färcher ou Fährmann) pourra jouir de la liberté de corvée (Frohnfreiheit) envers le comte et sera exempté de garde du Rhin (Wachtfreiheit) à condition de laisser le passage gratuit pour les personnes au service du comte :

 

Extrait du protocole du 14 septembre 1667 fait à Bischofsheim à la haute passerelle : Actum Bischofsheim zum hohen Steeg den 14. Sept. 1667. Die Fergen zu Freÿstett und Offendorf sollen Frohnfreÿ seÿn, aber dagegen die Herschaft und dere Diener umbsonst überzuführen … (Archives d’Alsace E2270).

 

Exploitation du bac d’Offendorf durant le 18ème siècle

 

Première moitié du 18ème siècle

 

Le 22 décembre 1700, les princes de Hesse-Hanau-Lichtenberg ont prolongé l’exemption de corvées aux passeurs du bac d’Offendorf. En 1716 le bac fut réparé ou remplacé. La construction de deux nouveaux ponts nécessaires pour accéder au bac près d’Offendorf fut confiée par le prévôt Naumburg de Herrlisheim au charpentier d’Offendorf Hanns Nonn (Hanns Nonn (1680-1716), charpentier marié le 25 janvier 1709 à Offendorf avec Catherine Vix (1684-1744)). A partir de 1714 le roi de France demande le paiement d’un droit de passage sur le Rhin au bac d’Offendorf. Le comte de Hanau y détient un autre bac depuis longtemps sur l’île du Bronnwoerth qui fait partie du comté. Sous ce prétexte, en 1718, les bateliers seigneuriaux y font passer des personnes sans payer la taxe au roi. Ces bateliers se nomment Jean Nonn fils, Jean Henry père, Philippe Schreck, et Laurent Wendling.

Droits de passage au profit des domaines du roi : chariot ou charrette : 40 sols ; homme à cheval : 8 sols ; homme à pied : 4 sols ; cheval ou bœuf : 6 sols 8 deniers ; mouton, chèvre ou cochon : 1 sol 4 deniers.

En 1747 le gouverneur François de Franquetot, Duc de Coigny, maréchal de France, Commandeur des ordres du Roi, Chevalier de la Toison d’Or, Gouverneur Général des Provinces de haute et basse Alsace, autorise le prince héréditaire de Hesse à établir sur le Rhin un bac pour son usage personnel et celui de sa suite, à condition que le bac demeure de ce côté-ci du Rhin.

 

Seconde moitié du 18ème siècle

 

A partir de 1748, nous trouvons dans les archives une succession de contrats passés entre la chancellerie du comté de Hesse-Hanau-Lichtenberg et des bateliers d’Offendorf. Ces contrats permettent au batelier « fermier » d’exploiter le bac seigneurial d’Offendorf officiellement, de faire payer les traversées à son profit en échange du paiement d’un fermage au comte. Les frais d’entretien du bac sont à la charge du comte.

En 1748 un premier contrat est donc signé par Hanns Wendling, né vers 1725 et marié avec Marie-Eve Schwob en 1748 à Offendorf. Il est garde forestier de la forêt seigneuriale d’Offendorf comme l’a été son père qui se nommait également Hanns Wendling (1699-1748), marié avec Catherine Lauffer en 1723 à Offendorf. J’ignore s’il était aussi passeur du bac, mais il était le fils de Laurent Wendling, né vers 1660, marié avec Marie Ulrich en 1684 à Offendorf, décédé en 1728, batelier concerné par le contentieux du Bronnwoerth en 1718 (voir ci-dessus).

Hanns Wendling signera pour une année de fermage en 1748 puis pour 4 ans en 1749, 1753 et 1757 ; pour 1 an en 1758 et de nouveau pour 4 ans en 1759, 1763, 1767, 1771, 1775, 1779 jusqu’en 1784. Au total il restera passeur du bac pendant environ 36 ans.

En 1753-1754 un nouveau chemin d’accès au bac d’Offendorf est aménagé en gravier, sans doute le Fahrweg. Ce chemin passe par le Sandwoerth et le bas Bronnwoerth et nécessite la construction de deux ponts en bois de chêne. Les travailleurs de la prévôté employés seront exemptés d’autres corvées pour le comte mais ne seront pas exemptés des corvées royales.

En 1784 c’est Jacques Schnoering qui travaillait depuis quelques années avec Hanns Wendling, qui lui succède pour 3 ans jusqu’en 1786. Jacques Schnoering né en 1729 et marié avec Anne-Marie Kientz en 1759 à Offendorf.

Charles Antoine Wendling, adjoint au garde forestier de la forêt seigneuriale d’Offendorf et fils de Hanns Wendling, devient adjudicataire du bac d’Offendorf à son tour pour 6 ans en 1786 puis pour 3 ans de 1792 à 1795. Charles Antoine Wendling, batelier né en 1755 et marié avec Marie Françoise Schnoering en 1781 à Offendorf.

 

Droits de passage de 1748 à 1792

 

Par chariot chargé y compris le voiturier et ses bêtes de traction : 1 Florin et 2 Schilling

Par chariot vide y compris le voiturier et ses bêtes de traction : 1 Florin

Par charrette attelée de deux chevaux, chargée ou vide, y compris le voiturier : 5 Schilling

Par cavalier avec son cheval : 2 Schilling

Par personne seule : 1 Schilling

Pour plusieurs personnes, chacune : 8 Heller

Par cheval , bœuf ou vache : 1 Schilling et 8 Heller

Par chèvre, mouton ou porc : 2 Heller

Les bateliers employés au bac seront à la charge du fermier du bac.

Les fonctionnaires du seigneur, civils et militaires, les chasseurs et gardes forestiers pour les affaires seigneuriales, les soldats, prendront le bac gratuitement.

 

Carte d’état major établie entre 1820 et 1840 avant correction du Rhin : vue d’Offendorf puis détail du chemin d’accès au bac et de l’emplacement du bac (géoportail.fr).

 

Les embarcations et le matériel utilisés

 

Le comte met à la disposition du fermier du bac deux bateaux, un bac appelé die Nähe et un bateau appelé der Springnachen. La nacelle appelé der Dreibord en allemand ou de Drübord en alsacien appartenait au passeur. Le matériel nécessaire à la navigation était composé d’une barre de gouvernail, ancres, rames, gaffes, cordes, chaînes, cadenas, courroie, pelle à écoper.

 

Détail du bac franchissant le Rhin à Worms. Matthäus Merian : Topographia Palatinus Rheni et Vicinarum Regionum. Hoffmann, Frankfurt 1645. Stadtarchiv Worms.

 

 

La Nähe

Le bac ou die Nähe (aussi Nebe ou Noge) est une grande embarcation en bois à fond plat permettant de transporter des personnes, des animaux ou des attelages. Plusieurs bateliers étaient nécessaires pour manœuvrer le bac dans les eaux du fleuve.

 

 

 

 

 

 

Plan d’un Nachen du 19ème siècle : longueur 5 m, largeur 1,40m hauteur 58cm. GenWiki, Bodo Stratmann, Stadtbücherei Haltern.

 

Le Nachen

Le Nachen est un petit bateau à fond plat, plus grand qu’une barque, adapté à la navigation sur rivière, lac et étang. Utilisé par les pêcheurs et pour le transport de personnes, il est propulsé par la force musculaire grâce à des rames ou gaffes. 

 

 

 

 

Le Springnachen ou aussi Sprengnachen servait de bac pour faire traverser des personnes ou des marchandises. En effet, übersprengen signifie übersetzen c’est-à-dire traverser.

 

Un Drübord (www.kochen-in-baden.de)

Le Dreibord

Le Rhin était très large et se divisait en de multiples bras qui enlaçaient des îles plus ou moins grandes recouvertes de gravier, d’herbes ou de forêts. La hauteur des eaux fluctuait en fonction des saisons et le grand bac n’était pas amarré près de l’embarcadère. Une barque plus petite était donc nécessaire pour transférer les voyageurs du ponton jusqu’au bac. Les barques utilisées étaient les nacelles, Dreibord en allemand ou Drübord en alsacien. Ces barques à fond plat et à faible tirant sont adaptées à la navigation en eau peu profonde. Elles tirent leur nom des trois bordages ou planches (une pour le fond et deux pour les côtés) qui les composent. Elles ne comportent pas d’étrave mais l’avant et l’arrière sont relevés et cintrés, ce qui permet une glisse optimale sur l’eau. Elles étaient utilisées par les pêcheurs dans le Ried, sur l’Ill et les bras du Rhin, et servaient aussi à transporter des herbes, du graviers et les récoltes. C’est ainsi que les paysans d’Offendorf ramenaient leurs récoltes des champs situés tout à l’ouest du ban communal en chargeant leur Drübord et en descendant le cours du Landgraben jusqu’au village.

 

 

 

 

Pour fabriquer une nacelle il faut assembler le fond avec les côtés. Les traverses du fond sont appelées Nohlen. Aux extrémités, les planches de traverse sont appelées Schorbratt. Les côtés sont assemblés par des coudes en bois courbé disposés transversalement par paires et fixés par des clous forgés à section carré appelés Schiffnagel. Les coudes sont façonnés dans des tronçons de branches présentant une courbure naturelle appelés Rangen ou Krummholtz.

 

En 1760 la Nähe et le Springnachen d’Offendorf sont pourris et en très mauvais état. Il est ordonné qu’ils devront être réparés par Georg Senger charpentier de bateau de Diersheim. Le Springnachen doit être réparé en 14 jours et la Nähe en 8 à 9 semaines. La demande est transmise au prévôt (Stabhalter) d’Offfendorf Schiffmacher. Le garde forestier chef Gebhard devra fournir gratuitement le bois de chêne : 12 à 15 Rangen et autant de Nohlen. Mais les réparations ont duré presque deux ans et le fermier du bac Wendling demanda une indemnisation.

En 1776 le bac n’est plus réparable et un accord est signé avec le charpentier de bateau Daniel von Zabern à Strasbourg pour la fabrication d’un nouveau bac aux mêmes proportions que l’ancien et d’une longueur de 45 pieds allemands (environ 13m). Le receveur de la recette du bailliage située à Oberhoffen lui payera 130 Florins.

En 1784 le Springnachen doit encore être réparé par Daniel von Zabern.

En 1781, Hanns Wendling a reçu une amende de la brigade de la maréchaussée de Roeschwoog de 16 Florins pour n’avoir pas cadenassé le bac. En 1784, Jacob Schnoering se fait rappeler lui aussi par le prévôt (Stabhalter) d’Offendorf Hanns Michel Lauffer, qu’il doit cadenasser le bac.

En 1784, lors de la crue du Rhin, les bateaux du bac ont été emportés ; le Nachen jusqu’à Greffern et la Nähe jusqu’à Beinheim, à 6 heures de sa place d’amarrage.

 

Le corps de garde royal ou redoute.

 

L’embarcadère du bac d’Offendorf se trouvait dans le bas Bronnwoerth, au Schwarzlach Köpfel, entre le Kahnkopf et le Fahrkopf. Il est difficile de retrouver l’endroit précis car il a disparu  quand le lit du Rhin a été rectifié puis canalisé. Je pense qu’il devait se situer près de l’actuelle embouchure de l’Ill dans le Rhin. Sur un plan dressé par les Ponts et Chaussées d’Alsace en 1783, on voit que le bac se situe près du corps de garde d’Offendorf :

 

Plan de 1783 montrant le corps de garde du Rhin d’Offendorf ainsi que le bac ; à droite un zoom sur l’endroit. Il est écrit Baq et Corps de garde (Archives d’Alsace C525 (14) -01b).

 

Les documents consultés dans les archives du comté de Hanau-Lichtenberg indiquent également que près de l’embarcadère du bac existait l’ancien corps de garde royal aussi appelé redoute. Après un conflit, la paix revenue, la garde du Rhin était supprimée et la redoute inutilisée. C’est pourquoi Hanns Wendling reçu l’autorisation d’y habiter lui et sa famille, à partir du 29 mars 1749. Il peut profiter aussi du jardin de l’ancien corps de garde qui est propriété seigneuriale mais devra l’entretenir. La redoute sera ainsi prêtée aux fermiers successifs du bac.

Une autre carte permet de voir l’ancien corps de garde près du Rhin à Offendorf. Etablie par Nöel Le Mire en 1755 et intitulée, Relevé des cartes des douze inspections du cours du Rhin, qui présente les redoutes, les postes et les corps de garde :

 

Le corps de garde à Offendorf près du Rhin au n°13, et détail de la légende de la carte (Gallica.bnf.fr).

 

Une description assez précise de l’ancien corps de garde royal d’Offendorf est contenue dans différents contrats passés entre la chancellerie du comté et les fermiers du bac :

Une maisonnette (à rez-de-chaussée) dont le seuil est en chêne et le reste en bois de sapin, couverte de tuiles. Composée d’une petite et d’une grande salle de garde séparées par une porte en sapin. La petite salle comporte une simple petite fenêtre et la grande salle comporte une fenêtre carrée à meneau (à croisée). Un poêle à cinq plaques chauffe les deux pièces. Dans la grande pièce se trouve un banc de repos ou couche en bois de sapin.

A l’extérieur on trouvait un signal lumineux destiné à être visible au loin par les bateliers et un abri :

A l’extérieur face au Rhin se dresse un fanal (signal ou balise de feu) : posé sur un poteau en chêne, avec un battant en bois de sapin, une lanterne à brai en fer, attachée par une chaîne en fer ; et à côté une petite guérite en bois de sapin.

A partir de 1763 et jusqu’en 1792, le fermier a l’autorisation de tenir un débit de vin dans la maison ou corps de garde sans en payer la taxe.

En 1784, après la crue du Rhin, il est décidé de déplacer la maison redoute. Les travaux sont prévus mais j’ignore s’ils furent réalisés. Les fondations en moellons auront 3 pieds de hauteur et 1 pied de largeur. Pour les murs et le montage du poêle, il est convenu avec Laurent Schneider bourgeois et maître maçon d’Offendorf d’exécuter les travaux pour 54 Florins. Laurent Schneider (1740-1815), maçon marié en 1764 à Offendorf avec Marie Françoise Buchmuller. Il est convenu avec Jacques Schiff maître charpentier d’Offendorf d’exécuter les travaux de charpente et le travail du bois pour 28 Florins. Jacques Schiff (-1789), charpentier marié avec Anne-Marie Georg.

L’arrêt du Conseil d’Etat du Roi de 1774

 

Comme nous l’avons vu, le bac d’Offendorf existait depuis des siècles et il appartenait aux seigneurs puis aux comtes. Après le rattachement de l’Alsace à la France, le roi de France leurs laissera ce privilège mais c’est désormais le Conseil d’Etat du Roi qui en dictera les règles de fonctionnement. C’est ainsi que le 14 février 1774, le Conseil d’Etat du Roi permet au landgrave de Hesse-Darmstadt de continuer de tenir un bac sur le Rhin à Offendorf. Pour prendre cet arrêt les membres du Conseil d’Etat se sont appuyés sur diverses pièces administratives : un arrêt ancien datant du 29 août 1724, les comptes de dépenses du bailliage d’Offendorf des années 1632 à 1683 pour l’entretien du bac, les dépenses des années 1700 à 1771, et les recettes du bac entre 1749 et 1771.

En 1774, le comte à la tête du comté de Hanau-Lichtenberg est le landgrave Louis IX de Hesse-Darmstadt. Il peut donc continuer à exploiter le bac d’Offendorf. Il doit fournir et garder en bon état les bateaux et le matériel, employer assez d’hommes pour assurer le service, et entretenir le chemin d’accès et les abords du bac.

 

Détail des droits de passage au bac d’Offendorf en 1774 (Archives d’Alsace E2270).

 

L’Arrêt du Conseil d’Etat précise les droits de passage qui devront être affichés sur les deux rives du bac :

Chariot bien chargé : 2 livres 8 sols tournois.

Carrosse ou chariot non chargé, compris le voiturier et les chevaux : 2 livres.

Charrette attelée de deux chevaux, chargée ou non chargée, compris le voiturier : 1 livre.

Cavalier avec son cheval : 8 sols.

Personne seule : 4 sols.

S’il y en a plusieurs, par chacune 2 sols 8 deniers.

Par cheval bœuf ou vache : 6 sols 8 deniers.

Par porc, chèvre, mouton ou brebis : 8 deniers.

 

Copie de l’Arrêt du Conseil d’Etat du Roi du 14 février 1774 (Archives d’Alsace E2270). Vous pouvez zoomer en passant dans la barre qui apparaît au bas du document :

Arrêt du Conseil d'Etat 1774

 

Sources :

Archives d’Alsace, site de Strasbourg, E2270-E2271, C525 (14) -01b.

Archives d’Alsace, archives numérisées, registres paroissiaux et d’état civil.

Auguste Kocher : Geschichte der Gemeinde Offendorf, Manias, 1910 ; Die Aemter Offendorf und Bischweiler, Manias, 1907.

Société d’Histoire et d’Archéologie de Saverne et Environs, Le comté de Hanau-Lichtenberg, cahiers 111-112, 1980.

DWDS, Deutsches Wörterbuch von Jacob Grimm und Wilhelm Grimm, 1905.

Dictionnaire Historique des Institutions de l’Alsace du Moyen-Age à 1815, en ligne. Lien https://dhialsace.bnu.fr/wiki/

François-Jacques Himly, Dictionnaire Ancien Alsacien – Français, XIIIè-XVIIIè siècles, 1983.

Wikipedia – GenWiki.

Bibliothèque numérique de la Bnf. Lien https://gallica.bnf.fr/

Nathalie et Michel Vogt, La forêt du Rhin secrète et légendaire, 1995.

Carte d’état major, Géoportail. Lien https://www.geoportail.gouv.fr/

Site internet : Erstein et son histoire.

Site internet : le Batelier du Ried, Calf’Atelier.

Site internet : kochen-in-baden.de.